Buire et le Chemin de Fer

rail à hirson couvLes informations de cette page sont tirées du livre de Marcel Bouleau, « Le Rail à Hirson », paru fin 2011 et encore disponible, fruit de longues années de recherches et d’écriture. Cet acharné de la défense du rail et de l’histoire locale mérite un grand coup de chapeau ainsi que notre soutien dans son travail. Chauffe Marcel !!

L’activité ferroviaire d’Hirson est d’une croissance telle, au début du 20° siècle, qu’il faut trouver de nouveaux espaces pour construire un triage annexe, un garage et un dépôt. C’est à la commune de Buire que la Compagnie du Nord décide d’acheter des parcelles pour ces nouvelles installations. Cela fait l’objet d’une délibération du Conseil Municipal de Buire, le 31 août 1913. Mais la guerre va tout interrompre, les dégâts seront considérables.

L’ouverture du dépôt de Buire en 1920 va véritablement marquer un tournant dans la vie de la commune. Le petit village de Buire, jusque-là bien tranquille, se retrouve contraint de s’adapter à « l’envahisseur », sur le plan technique comme sur le plan humain. Le 30 septembre 1924, le Conseil Municipal entérine la décision de la Compagnie du Nord de construire une cité, selon les préconisations de Raoul Dautry, ingénieur du Chemin de Fer à cette époque et concepteur des cités cheminotes.

La conception architecturale et idéologique de ces cités est étroitement liée à une nouvelle discipline qu’on appelle urbanisme et qui doit tenir compte des données techniques, esthétiques, et des dimensions sociales, politiques et économiques. Les architectes repensent les voies de circulation en tenant compte de leurs fonctions propres (travail, loisirs, commerce…). On aménage des espaces verts, des terrains de sport ; on agrémente avec des zones de fleurissement et on bannit les murs, les grilles, les grillages.

buire cité 02 buire école mécaniciens dortoir buire florentine piscine

 

Qui dit accroissement de la population, dit forts besoins dans le domaine scolaire. Buire va devoir écrire un nouveau chapitre. La petite école du village, appelée aussi « école du Centre » est incapable d’absorber un tel afflux d’enfants. La Municipalité sait qu’elle devra aménager son budget pour faire face à de nouvelles grosses dépenses. Elle se fera un peu tirer l’oreille mais finira par se rendre à l’évidence : sans école digne de ce nom, point de salut. D’autre part, ellevoit d’un assez mauvais œil se développer sur son territoire une sorte de commune jumelle sur qui elle n’a pratiquement aucun pouvoir. La consultation des délibérations du Conseil municipal fait apparaître une certaine antipathie envers cet envahisseur qu’est la Compagnie du Nord qui impose sa cité, son école ; qui révolutionne le mode de vie, façonne le consciences et, surtout, rompt une tranquillité qui jusque-là régnait sans partage. Un autre monde vient de faire brutalement irruption : un enfer titanesque et bruyant de locomotives, un va-et-vient d’hommes à toute heure du jour et de la nuit.

Cette disparité entre Village et Cité va laisser longtemps de profondes cicatrices. Le pont de Buire, sensé relier les deux parties, va, paradoxalement longtemps les diviser, d’autant plus que la population va être multipliée par 3 en très peu de temps.

Le Chemin de Fer ouvre aussi à Buire une école d’apprentissage afin de former ses ouvriers, ainsi que des hôtels-dortoirs pour les mécaniciens roulants.

buire école mécaniciens          buire école mécaniciens 2

 

A la fin des années 30, la crise économique ainsi que la réorganisation des Chemins de Fer vont voir le déclin de l’activité sur le site, amplifiée par les destructions dues aux neuf bombardements de la seconde guerre mondiale. Après une reconstruction rapide et l’adjonction d’une rotonde, l’activité reprend avec la mission d’entretenir et réparer les locomotives à vapeur.

buire dépôt 02 buire travail sous rotonde buire dépôt 01 buire pont roulant          buire pont roulant 2

C’est finalement l’électrification du réseau ferré qui marquera le véritable déclin du dépôt, commençant dans les années 50, pour un arrêt définitif de toute activité en 1969. Toutes ces années, la population cheminote a décru à Buire.

A partir des années 70, c’est une friche industrielle qui « sépare » le village et la cité,sous le regard de la tour Florentine et de la rotonde, symboles de la culture cheminote à Buire.

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La volonté des élus, d’abord de Buire, d’Hirson et enfin de la Communauté de Communes des Trois Rivières ont permis successivement divers réaménagements : un centre commercial, le complexe sportif, la déviation  et une voie pénétrante pour Hirson. Une zone industrielle et d’activités  accueille de surcroît plusieurs entreprises et aménagements collectifs. Cette revalorisation du site est encore en devenir et d’autres entreprises intéressées peuvent venir s’installer et sont les bienvenues.site activités

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